09/06/2026
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Il voulait être vétérinaire équin. Il a été champion de France de pony-games. Aujourd’hui, il sauve des vies aux Urgences – Soins intensifs du Centre Hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV) de l’ENVT. Rencontre avec Martin Esnault, résident en urgences et soins intensifs.

Depuis quand travaillez-vous au CHUV de l’ENVT ?
J’ai rejoint l’ENVT en juillet 2023, cela fera donc trois ans cet été.

Quels sont vos diplômes et spécialisations ?
Je suis actuellement en cours de spécialisation européenne en urgences et soins intensifs vétérinaires. J’ai également obtenu un diplôme universitaire de techniques de soins en réanimation et soins intensifs, ainsi qu’un diplôme universitaire de techniques d’épuration extra-rénale.

Quel parcours de formation avez-vous suivi ?
J’ai commencé par une classe préparatoire BCPST en trois ans, puis j’ai effectué l’intégralité de mes études vétérinaires et mon internat à l’École nationale vétérinaire d’Alfort. J’ai ensuite passé deux ans en tant qu’assistant hospitalier en urgences et soins intensifs au Centre Hospitalier Vétérinaire Languedocia, à Montpellier, avant de rejoindre l’ENVT en juillet 2023 comme résident.

Pourquoi avoir choisi cette spécialité ? Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre activité ?
C’est rapidement devenu une évidence au cours de mes études, sans que je puisse vraiment l’expliquer rationnellement. Peut-être que le fait d’avoir eu un grand-père anesthésiste-réanimateur a joué dans l’équation…
Ce qui me plaît profondément, c’est avant tout la dimension collective du métier. Dans notre discipline, rien ne se fait seul : la collaboration quotidienne avec les collègues et les infirmières crée une vraie cohésion d’équipe. Chacun apprend à connaître le fonctionnement de l’autre, et c’est cette synergie qui permet d’offrir la meilleure prise en charge possible à nos patients.
Il y a aussi l’adrénaline inhérente au service : nous accueillons régulièrement des animaux dans un état critique, ce qui impose une évaluation rapide et des décisions parfois complexes, prises en un temps très limité. Cela peut impliquer des thérapeutiques avancées — transfusions, chirurgie, ventilation mécanique, dialyse — toujours avec le même objectif : permettre à ces animaux de retrouver une bonne qualité de vie et de rentrer chez eux dans les meilleures conditions. Quand on y parvient, la satisfaction est immense, tant sur le plan humain que professionnel.

Dans notre discipline, rien ne se fait seul. C’est la synergie de l’équipe qui permet d’offrir la meilleure prise en charge possible à nos patients.

En quelques mots, en quoi consiste votre travail au quotidien ?
La journée démarre par une transmission entre les équipes de nuit et de jour sur les cas hospitalisés en soins intensifs. Nous élaborons ensuite le plan thérapeutique de la journée, planifions les examens complémentaires nécessaires et décidons quels animaux seront transférés vers d’autres services — médecine interne ou chirurgie — pour la suite de leur prise en charge.
En parallèle, j’assure les consultations d’urgence : un chat tombé d’un balcon, un chien ayant ingéré un corps étranger… chaque cas est différent. Et comme nous évoluons dans un environnement universitaire, tout cela se fait en encadrant les internes et les étudiants, en leur transmettant un maximum de connaissances et en échangeant autour des prises en charge réalisées.

Y a-t-il un cas clinique qui vous a particulièrement marqué ?
Je pense souvent à une jeune chienne setter qui nous avait été amenée en anémie très sévère, avec un pronostic vital immédiatement engagé. Elle a dû être transfusée quotidiennement pendant cinq jours, le temps que les traitements instaurés prennent le relais. C’était une vraie battante. Grâce à l’implication sans faille de ses propriétaires et à la qualité de notre banque de sang, elle a fini par s’en sortir et rentrer chez elle. La voir repartir sur ses quatre pattes… c’était vraiment formidable.

Qu’est-ce qui vous motive encore aujourd’hui ?
On ne sait jamais de quoi la journée sera faite, et c’est précisément ce qui me plaît. On apprend tous les jours, ce qui oblige à rester humble et à se remettre constamment en question. Il y a aussi ce sentiment fort d’être utile, d’apporter une réelle plus-value dans la prise en charge de cas complexes que peu d’autres structures peuvent traiter.

On ne sait jamais de quoi la journée sera faite. On apprend tous les jours, et cela oblige à rester humble et à toujours se remettre en question.

Quels sont vos centres d’intérêt en dehors du travail ?
La course à pied, la natation, les voyages, la musique sous toutes ses formes… et le rugby ! Je suis un fidèle supporter du Stade Toulousain, que ce soit à Ernest-Wallon ou devant ma télévision.

Avez-vous des animaux à la maison ?
Oui, un chat européen à poil long et un Shiba-Inu blanc.

Plutôt chien ou chat ?
Plutôt team chat, même si j’ai un petit faible pour les setters — je l’avoue !

Si vous n’étiez pas vétérinaire, quel métier auriez-vous choisi ?
Médecin réanimateur pour les humains, très probablement. La boucle serait bouclée avec mon grand-père !

Quel aspect du métier vous surprend encore aujourd’hui ?
La connaissance que certains propriétaires ont de leur animal. Ils les connaissent parfois si intimement qu’ils détectent avec une précision remarquable le moindre changement de comportement. C’est une ressource précieuse pour nous.

Quel conseil donneriez-vous à un étudiant vétérinaire, ou à votre “vous” plus jeune ?
Toujours y croire, travailler, s’accrocher et rester humble. Notre discipline est en plein essor, mais elle a encore énormément à apprendre et à découvrir. C’est ce qui la rend si passionnante.

Trois mots pour décrire votre façon de travailler ?
Efficacité, réflexion et décontraction.

Un fait insolite que peu de gens connaissent sur vous ?
J’ai longtemps pratiqué l’équitation et ai même été champion de France de pony-games ! Au début de mes études, je me voyais vétérinaire équin. Les choses ont vite évolué… et je n’ai plus remis les pieds en selle depuis bientôt dix ans — ce qui fait sourire ceux qui l’apprennent !