Les épidémies d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), ayant successivement frappé la France lors des hivers 2015-2016 et 2016-2017 ont fortement affecté les filières avicoles. Bien que la situation soit aujourd’hui maîtrisée en France, la survenue récente de foyers en Europe de l’Est et la découverte d’un cas dans la faune sauvage en Allemagne montrent que la menace d’une nouvelle épizootie reste bien réelle.  

C’est dans ce contexte que Claire GUINAT, post-doctorante dans l’équipe EPIDEC de l’UMR  IHAP (ENVT – INRAE), étudie la dynamique de propagation du virus de l’IAHP H5N8. L’ensemble de ses travaux vise à générer des connaissances sur la vitesse et les modes de transmission du virus entre élevages de volailles, afin d’optimiser les mesures de surveillance et de contrôle.

Dans un article récent, conduit en collaboration avec l’ANSES (Maisons-Alfort et Ploufragan) et la Direction Générale de l’Alimentation, les méthodes d’analyse des réseaux ont permis d’analyser finement le rôle des mouvements de palmipèdes entre élevages dans la diffusion du virus H5N8 en France. L’analyse a permis de décrire l’ensemble des mouvements de lots de canards opérés lors de l’épizootie, c’est-à-dire sur la période du 1er novembre 2016 au 2 février 2017. Parmi l’ensemble de ces mouvements, seulement 0,2% ont été identifiés comme étant potentiellement à risque. Ces derniers ont essentiellement eu lieu entre ateliers de prêt-à-gaver et de gavage, au tout début de l’épizootie (fin novembre 2016), avant que les restrictions sur les mouvements de lots ne soient mises en place. Malgré leur faible nombre, ces mouvements pourraient avoir joué un rôle dans le déclenchement et la propagation de l’épizootie dans sa phase initiale. Ces résultats viennent appuyer l’importance des mesures mises en place par les autorités françaises en collaboration avec les organisations de production afin de renforcer la biosécurité pendant le transport des canards suite aux vagues successives de foyers d’influenza aviaire hautement pathogène.

Vétérinaire de formation initiale, Claire Guinat est post-doctorante à l’IHAP (Interactions hôtes-agents pathogènes – UMR INRAE/ENVT) depuis 2017, dans le cadre du dispositif de la chaire de biosécurité aviaire. Ses travaux de recherche portent sur l’analyse spatio-temporelle et la modélisation de la propagation des maladies infectieuses animales, et en particulier de l’influenza aviaire.