Un orthobunyavirus (OBV) du sérogroupe Simbu, provisoirement caractérisé comme Shamonda-like, a été détecté chez des bovins en Europe en juillet 2026. Des chercheurs de l’ENVT (UMR Astre) ont réalisé une première évaluation de son impact économique potentiel dans les élevages français de ruminants.
Une étude économique originale
L’étude s’appuie sur un modèle économique adapté de travaux antérieurs consacrés au virus de Schmallenberg, les données spécifiques au nouveau virus étant encore limitées. Elle compare de manière stochastique la marge brute en situation saine et sous l’hypothèse d’un impact modéré de l’OBV, pour 13 systèmes de production, dans le contexte économique français de 2026.
C’est l’expertise en économie de la santé animale couplée au réseau terrain en médecine des populations (observations précoces des effets du virus en élevages) qui ont rendu cette étude possible.
Des pertes variables selon les systèmes d’élevage
Dans ce scénario d’impact modéré, les pertes moyennes estimées sont de :
- 33 à 37 € par vache et par an dans la plupart des systèmes bovins laitiers ;
- 69 € par vache et par an dans le système laitier de Franche-Comté ;
- 31 à 36 € par vache et par an dans les systèmes bovins allaitants naisseurs ;
- 49 € par vache et par an dans le système naisseur-engraisseur ;
- 23 à 29 € par brebis et par an dans les systèmes ovins viande ;
- 38 € par brebis et par an dans le système ovin laitier Lacaune-Roquefort.
Les mécanismes à l’origine des pertes diffèrent selon les filières. Chez les bovins laitiers, les coûts liés au renouvellement du troupeau occupent une place importante. Dans les systèmes allaitants, le manque à gagner lié aux animaux non produits constitue une composante majeure. En ovin viande, les agneaux non vendus et le renouvellement supplémentaire prédominent, tandis qu’en ovin lait la baisse des recettes laitières représente la principale composante des pertes.
Cette évaluation économique précoce reposent notamment sur l’expérience acquise avec le virus de Schmallenberg et sur l’expertise et observations terrain des auteurs. Ces résultats seront affinés à mesure que de nouvelles données épidémiologiques seront disponibles.
